CONGES BONIFIES : Le démantèlement prévu par le Sarkollectif Dom
CONGES BONIFIES :
Le démantèlement prévu par le Sarkollectif Dom…
Le 8 juin 2006, Nicolas SARKOZY à l’époque Ministre de l’Intérieur, annonçait le démantèlement du congé bonifié par déclaration dans le quotidien France-Antilles. De son point de vue, le prix excessif des billets d’avion vers l’Outre-mer était dû au congé bonifié et à la forte concentration des départs des originaires de l’Outre-mer vers leurs départements.
Cette semaine, c’est son Ministre de l’Outre-mer, Christian ESTROSI, qui stratégiquement annonce une baisse du prix des billets d’avion pour l’automne 2007, vers ces destinations, programmant des négociations avec les compagnies aériennes.
Trois jours plus tard, c’est au tour de l’ex-président du COLLECTIF ANTILLAIS GUYANAIS REUNIONNAIS, Patrick KARAM (1), aujourd’hui « bras armé» du gouvernement contre l’Outre-mer qui propose un fractionnement du congé bonifié par la mise en place d’un chèque voyage de 1200,00 € environ par bénéficiaire, à prendre tout au long de l’année afin, selon leur analyse, de désengorger les départs en juillet-aoüt pour les Antilles et
Dans un tract en date du 23 juin 2006, l’association ATOME dénonçait la complicité du Collectif DOM avec Nicolas SARKOZY à vouloir démanteler le congé bonifié pour des raisons autres que les prix excessifs des billets d’avion. Aujourd’hui, nous y sommes, il s’agit pour les sempiternels décideurs pour l’Outre-mer d’un système soit disant gagnant-gagnant qui vise à réduire ce congé à une manne financière qui deviendra très vite impopulaire tel un avantage discriminatoire.
Les raisons évoquées sont inexactes vu qu’une compagnie aérienne nous confiait avoir refusé de prendre en charge les congés bonifiés de l’AP-HP, un marché pourtant très lucratif de plus de 19020 personnes entre 2000 et 2002 pour un budget d’environ 21,18 millions d’euros, dont 8,42 millions d’euros (billets + fret). (2) « Nous avons refusé de prendre les congés bonifiés de l’AP-HP car nous vendons tous nos billets même à tarifs élevés en été... »
Nicolas SARKOZY déclarait aussi à l’époque : « …Les départs et les retours sont très concentrés, les places font parfois défaut et les tarifs sont très élevés… » « agir sur la demande de sièges d’avion en révisant les modalités d’application du système des congés bonifiés… » : « …choisir de décaler un peu leur voyage et en retirer un avantage financier… » « … mieux étaler les périodes de départ en congés donc favoriser une baisse des tarifs… » Tout comme Brigitte GIRARDIN, il prétextait aussi que se sont les bénéficiaires du congé bonifié qui n’en veulent plus : « Ce mode de congés ne correspond plus, bien souvent, aux attentes des ultramarins eux-mêmes…», et que les familles sont contraintes de caler leurs congés sur la période estivale.
En réalité, cette manne financière d’environ 570 millions d’euros pour 70000 bénéficiaires (2), pourrait constituer une part d’économie tant pour l’Etat que pour les compagnies aériennes sans pour autant qu’il y ait baisse effective des billets d’avion mais des promotions spontanées suivies d’augmentations brutales en raison de la hausse du prix du baril de pétrole, des taxes d’aéroport et de
Considérant que chaque agent bénéficiaire obtiendrait 1200 euros de chèque voyage (3), la dépense pour l’Etat serait de 84 millions d’euros, soit une économie substantielle de 486 millions d’euros. Les compagnies aériennes quant à elles, pourront continuer à se faire une « fausse concurrence » en se partageant les 84 millions d’euros et en offrant de nouvelles places à leurs touristes en plein été de façon à élargir la saison touristique qui ne commencerait plus en octobre mais fin juin, jusqu’à mai.
Quant aux bénéficiaires du congé bonifié, pourront-ils encore partir dans les DOM ou simplement voyager avec un tel budget ? A vous de juger…
La mobilisation s’impose dès la rentrée afin d’exiger l’ouverture de négociations pour le maintien congé bonifié. ATOME, une vraie source d’énergie pour l’Outre-mer…
Réagissez sur association-atome@wanadoo.fr
Appelez au 06 60 84 88 55
(1) Délégué interministériel pour l’égalité des chances des français d’Outre-mer.
(2) Source : Rapport n°1094 XIIe Législature, Marc LAFFINEUR, député UMP.
(3) A ne pas confondre avec les chèques vacance.